Billet 0 - Les préparatifs et le départ

 Une situation incertaine et pleine de rebondissements


Bon, ce qui est sûr c'est que cette seconde année sous le signe de la COVID-19 n'aura en aucun cas arrangé les choses. En effet, la Russie a subit une nouvelle recrudescence de cas d'infection à partir de la mi-avril. Les choses s'emballent comme à chaque fois depuis deux ans; fermeture des frontières, ruptures diplomatiques, inquiétudes, de moins en moins d'informations. Puis, alors que mes plans devaient changer, que je cherchais activement une autre activité durant cette troisième année d'étude, je reçois un mail qui ressemblais aux premières lignes de l'Etranger de Albert Camus :

"Voici votre telex number. *** ***. Votre centre des visas réouvre dès le 12 août, nous vous attendons pour le 6 septembre."

La surprise laisse place alors à une inquiétude, renforcé par une certaine incertitude. Merde, mais je dois partir dans un mois ?
Alors, depuis un mois je me retrouve à optimiser, dépêcher et contacter tout ce que je peux pour me permettre fatidiquement de partir. Hier, c'était le centre des visas que je visitais, en repartant avec 100€ en moins sur mon compte courant. 

Et puis une autre angoisse survient : Merde, mais je dors où ? Heureusement, (non.), Cian.ru est là ! Cela fait donc deux semaines que je survole, les photos kitsch et mal cadrée de dizaines d'appartement dans le long de la Prospekti Vernadoskogo (Avenue Vernadski). En remerciant bien-sûr la mentor de l'Université MGIMO, qui gentiment essaye de m'aider à appeler et contacter les agences et propriétaires des ces logement aussi spacieux qu'élégant. - Effectivement, à Moscou la place n'est pas forcément ce qui manque, par contre des cours de design d'intérieur ne seraient pas de refus, je dirais que cela créer un certain charme, j'ai l'impression de retrouver l'ambiance de la maison de ma grand-mère alsacienne de Rombas, peut être l'odeur sera aussi de la partie ! Pour l'instant, le plan est de loger dans un hôtel / auberge de jeunesse et d'espérer trouver un logement pendant la semaine qui précèdera la rentrée.

Maintenant, il faut me résoudre à faire mes bagages, là, on touche un point complexe, je ne sais pas quoi emmener. Du linge, des vêtements, quelques appareils électroniques, des livres. Mais je dois faire léger, d'une part l'avion coûte déjà assez cher (autour des 200€), d'autres part, le climat requiert évidemment des vêtements, manteau et gants que je ne possède pas et que j'achèterais une fois sur place et une fois la saison arrivée. Bref, encore une fois, il faut me dépêcher et pourtant, je ne me sens pas si pressé. 

Un départ qui sent mauvais...

Levé 5h14. Café, derniers préparatifs, premiers oublis.
Direction la gare Lorraine TGV. Arrivée 6h20. J'entre dans le wagon, un dernier regard pour ma mère et m'endors sur le siège bien comfortable des trains neufs de la SNCF. Je ne me souviens plus de ce que je rêvais mais c'était reposant.
Arrivée à la gare de Charles de Gaulle à 8h15. Cela faisait 10 ans que je n'y était plus retourné, surtout je n'y étais jamais allé ... Seul ?
Je me perds, me retourne, reviens sur mes pas, puis cherche, puis trouve et me trompe. J'arrive vers 8h45 devant l'embarquement, l'employé de sécurité me demande mon test PCR, je lui présente... Mais ça n'est pas un test PCR. La panique, est-ce qu'il va me laisser passer, est-ce que je vais déjà rater mon voyage avant même d'avoir commencé ?
Il se retourne vers moi, l'air désolé, l'air d'avoir déjà dis cela à des dizaines de personnes aujourd'hui.
"Vous n'allez pas pouvoir monter dans l'avion, ni celui de Bruxelles, ni celui vers Moscou".

La rage, la déception et surtout le sentiment d'être un imbécile qui n'a pas bien regardé ce que qui était inscrit sur cette feuille : "ANTIGEN".

Après des appels auprès de ma famille, de l'agence et de la compagnie aérienne j'ai besoin de prendre l'air. De reprendre mes esprits. Bon. Il faut un test PCR, je me renseigne. Il est possible d'en faire au sein de même de l'aéroport, je fais vite, prend un rendez-vous sur Doctolib et attends 10h45. La boule au ventre, je ne trouve pas de solution certaine. 
J'arrive au centre de dépistage, un employé m'accueille me rassure, je vais pouvoir réaliser un test PCR rapide, j'aurais le résultat dans deux heures si je prouve que j'ai un avion qui décolle. Je scrute, un avion décolle à 19h pour Istanbul puis vers Moscou. J'achete le billet, fais le test et enfin le repos de l'esprit. C'était moins une.

À moi l'avion et Moscou ... À 4h du matin !

La première journée n'est pas finie et pourtant elle est déjà bien remplie. Pas besoin d'en dire plus, je suis confiant que le reste de la semaine ressemblera à cette journée, des misères, mais je vais pouvoir m'en sortir !

Bons baisers, pas encore de Russie.
- Louis

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